Pour la première fois, l’autorité du médicament et le comité national d’éthique ont contrôlé ensemble trois centres de recherche du pays. Une étape vers une recherche plus sûre et vers le niveau de maturité 3 visé pour la future Agence nationale.
Une décision politique claire
Les institutions qui encadrent la recherche clinique doivent travailler ensemble. C’est l’orientation fixée par Madame Khaite Sall, Ministre de la Santé et de l’Hygiène Publique, lors de sa rencontre du 29 avril 2026 avec le Comité National d’Éthique pour la Recherche en Santé (CNERS). Depuis, le CNERS et la Direction Nationale de la Pharmacie et du Médicament (DNPM), qui autorise les essais et contrôle les produits testés, se réunissent chaque mois. 
Sur le terrain, vérifier que la protection est réelle
Engagés à veiller personnellement au bon déroulement de cette activité, le Docteur Mamadi Camara Mariame, Directeur National de la Pharmacie et du Médicament, et le Professeur Oumou Younoussa Sow, Présidente du CNERS, ont conduit du 31 août au 4 septembre 2026 une première supervision conjointe dans trois centres majeurs : le Centre de Recherche sur la Trypanosomiase Humaine Africaine de Dubréka, le Centre de Recherche et de Formation en Santé Rurale de Maférinyah (CRFSR) et le Centre de Recherche et de Formation en Infectiologie de Guinée (CERFIG).
Dans chaque centre, les superviseurs ont dressé un état des lieux de la conduite des essais cliniques et consigné leurs constats : documentation, ressources humaines, équipements, locaux et matériel, sécurité des données, protection des participants et respect de l’éthique.
La sécurité, condition d’accès aux nouveaux traitements
Un pays qui contrôle rigoureusement ses essais n’éloigne pas la recherche, il l’attire. Pour les patients guinéens, l’enjeu est concret : accéder, parfois des années avant leur mise sur le marché, à des traitements innovants contre des maladies qui touchent directement le pays.
Une fonction réglementaire renforcée, en route vers le niveau de maturité 3
L’Organisation mondiale de la Santé classe les autorités de réglementation sur quatre niveaux de maturité ; le niveau 3, système stable, fonctionnel et intégré, est l’objectif fixé pour la future Agence nationale. La supervision des essais cliniques est l’une des fonctions évaluées : procédures appliquées, personnel formé, coordination avec le comité d’éthique, inspections effectives. Chaque avancée de ces derniers mois y contribue.
Sécuriser les données, simplifier les démarches, encourager les chercheurs
Protéger un participant, c’est aussi protéger ses données à caractère personnel, recueillies, stockées et parfois transférées à l’étranger pour analyse. Leur protection est une étape à part entière de l’autorisation d’un essai : le promoteur doit démontrer comment il sécurise les données, qui y a accès et comment le participant en est informé. Un guichet unique permettra par ailleurs aux chercheurs de déposer leurs demandes d’autorisation en un seul endroit, avec des délais mieux maîtrisés, sans rien céder sur les contrôles.
Cette mission a été menée grâce à l’expertise scientifique et à l’appui financier d’Expertise France, dans le cadre du programme PASSGUI, financé par l’Union Européenne et la France.












