Un violent incendie a ravagé un atelier artisanal aux environs de 4 heures du matin, causant d’importants dégâts matériels et surtout un lourd bilan humain. Trois enfants ont perdu la vie dans le sinistre, tandis qu’une quatrième lutte actuellement pour sa survie à l’hôpital.
Selon Alseny Samoura, copropriétaire de l’atelier, l’alerte a été donnée à l’aube. « Nous avons été appelés pour nous informer que notre atelier était en train de brûler. Je travaille ici avec mon frère jumeau, tapissier. Nous tenions l’atelier à deux, avec nos apprentis. Mais tout a été ravagé par les flammes. Nous avons tout perdu », explique-t-il, visiblement bouleversé.

L’atelier contenait de nombreuses machines, des instruments de travail, ainsi que des meubles tels que des lits, des fauteuils et des portes. « Absolument tout a été détruit », précise-t-il.
Toutefois, au-delà des pertes matérielles, le drame humain reste la blessure la plus profonde. Deux apprentis ont trouvé la mort dans l’incendie, ainsi qu’un ami qui avait passé la nuit avec eux dans l’atelier.
À leur arrivée sur les lieux, le feu était déjà hors de contrôle. « On m’avait d’abord parlé d’une seule victime, mais j’ai signalé que plusieurs personnes dormaient habituellement ici. C’est ainsi que les deux autres corps ont été retrouvés », raconte Alseny Samoura.

Une seule personne a survécu : la plus âgée du groupe, actuellement hospitalisée dans un état critique, avec de graves brûlures.
Face à cette tragédie, Alseny Samoura lance un appel aux autorités. « Cet atelier représentait tout pour nous. C’est grâce à lui que nous subvenions aux besoins de nos familles, ici comme au village. Aujourd’hui, nous n’avons plus rien. Nous demandons à l’État de nous soutenir, car nous sommes ses enfants », implore-t-il.
De son côté, Moussa Camara, père d’Issa Camara, l’une des victimes, revient avec émotion sur les dernières heures passées avec son fils. « Nous avons joué ensemble jusqu’aux environs de 22 heures. Je lui ai demandé de rentrer, mais il m’a répondu qu’il passerait la nuit ici avec ses amis », confie-t-il. Issa, apprenti chauffeur, avait l’habitude de dormir dans un véhicule.
Aux alentours de 3 h 40, sa femme aperçoit les flammes et le réveille en urgence. « Dès que je suis sorti, j’ai immédiatement pensé que mon fils était mort. Les flammes étaient gigantesques, et il était impossible de sauver les enfants », se souvient-il, la voix chargée de douleur. Malgré les tentatives désespérées des riverains, il a fallu attendre l’intervention des sapeurs-pompiers pour maîtriser l’incendie. « Mon fils est mort, ainsi que deux de ses amis. La quatrième personne est hospitalisée avec de graves blessures. Nous demandons, nous aussi, l’aide de l’État », conclut Moussa Camara.
Ce drame relance une fois de plus la question de la sécurité dans les ateliers artisanaux et de la protection des jeunes apprentis, tout en laissant des familles endeuillées dans l’attente d’un soutien urgent des pouvoirs publics.
Diallo Telly pour mitty224.com





















