Le chef de l’armée ougandaise, Muhoozi Kainerugaba, a affirmé vendredi 23 janvier que 30 membres du parti d’opposition Plateforme d’unité nationale (NUP) avaient été tués et que plus de 2 000 de ses partisans avaient été arrêtés depuis l’élection présidentielle.
Ces déclarations interviennent dans un contexte de fortes tensions politiques, après la réélection contestée du président Yoweri Museveni.
Muhoozi Kainerugaba, fils du chef de l’État et commandant des forces armées ougandaises, s’est félicité sur le réseau social X des opérations menées contre les partisans de Bobi Wine, principal opposant au régime. Ce dernier a quitté le pays après le scrutin, dénonçant des résultats « truqués », à la suite d’un raid militaire à son domicile le lendemain de l’élection.Accusations de terrorisme contre l’oppositionDans ses publications, le chef de l’armée a qualifié les membres de la NUP de « terroristes ». « Jusqu’à présent, nous avons tué 30 terroristes de la NUP », a-t-il écrit, ajoutant que « plus de 2 000 voyous » auraient été arrêtés.
Il a également multiplié les messages virulents visant personnellement Bobi Wine, qu’il surnomme « Kabobi », allant jusqu’à évoquer publiquement sa mort.Connu pour ses prises de position incendiaires sur les réseaux sociaux, Muhoozi Kainerugaba avait observé un relatif silence durant la campagne électorale de son père.
Il a repris une activité intense en ligne après le scrutin, renforçant les inquiétudes sur son influence politique et ses ambitions de succession à la tête de l’État.Arrestations massives et dénonciations de violencesLes autorités ont également annoncé l’arrestation de Muwanga Kivumbi, député de la NUP. Celui-ci avait précédemment accusé l’armée d’avoir tué dix partisans de l’opposition à leur domicile dans le district de Butambala, dans la nuit suivant les élections.
La police affirme que son interpellation est liée à des « incidents récents de violence politique » dans la région.De son côté, l’avocat de l’opposition Erias Lukwago a indiqué, mercredi 21 janvier, que plus de 600 personnes avaient été arrêtées pour avoir protesté contre la victoire de Yoweri Museveni.
Selon lui, de nombreux détenus contestent les charges retenues contre eux.« Certains affirment avoir été arrêtés chez eux par la police et emprisonnés avant même de connaître les accusations portées à leur encontre », a-t-il déclaré.Ces événements suscitent de vives préoccupations au sein de l’opposition et des organisations de défense des droits humains, qui dénoncent une répression politique accrue dans le pays.
Source : Africa Radio













